Le Député Frédéric Reiss, au nom de "LA COMMISSION DES AFFAIRES CULTURELLES, FAMILIALES ET SOCIALES SUR
LE PROJET DE LOI de finances pour 2009, a présenté son rapport portant sur l'enseignement scolaire et la direction d'école.
Après avoir
auditionné des personnes (dont la liste figure en annexe), le rapporteur établit un certain nombre de constats ; petit florilège :
Sur un plan purement juridique, la direction des établissements constituant le premier pilier de
l’Éducation nationale leur est donc clairement confiée. Cependant, dans la réalité, leurs pouvoirs ne leur permettent pas de remplir cette mission de direction ou alors c’est au prix d’immenses
et de patients efforts trop peu reconnus.
(...) ils ne peuvent prendre ou faire adopter, (...) les initiatives qu’ils jugent pertinentes, ce qui leur donne un sentiment
d’échec.
(...) les directeurs d’école dirigent des unités pédagogiques qui ne bénéficient pas de la personnalité morale et juridique et n’ont
pas d’autonomie financière, contrairement aux établissements publics locaux d’enseignement.
(..) l’absence de statut consacrant l’autorité hiérarchique du directeur d’école est l’une des explications de l’échec de la mise en
place des cycles d’apprentissage au niveau de l’enseignement primaire. (...) les directeurs d’école ne disposent
pas des moyens leur permettant de faire entrer dans les faits une politique qui a été définie il y a plus de 15 ans.
(...) le
statut du directeur d’école ne lui permet pas de se consacrer à plein-temps à son métier.
(...) La maîtrise du facteur temps est en effet une dimension stratégique du métier de directeur, en particulier
dans le domaine pédagogique. Or, plus le directeur manque de temps, moins il peut réagir vite, alors même que la détection et prise en charge des situations d’échec scolaire doivent intervenir
sans délai. Le temps dû aux familles après la classe n’est pas négligeable non plus.
(...) ces éléments conduisent à
faire des directeurs d’école, surtout si on les compare aux chefs d’établissement, des fonctionnaires dont la position est éminemment précaire au sens où elle repose sur un équilibre sans cesse
menacé qui induit beaucoup d’anxiété et d’insatisfaction.
(...) la transformation de l’école en structure autonome, d’une part, et l’élaboration d’un nouveau statut
pour son directeur, d’autre part, sont étroitement liés. En effet, il est inutile de donner aux directeurs d’école de vrais pouvoirs tant que la capacité d’initiative pédagogique de
l’établissement dont ils assurent la direction pourra être bridée soit par l’administration centrale, soit par l’individualisme des enseignants. Le temps est donc venu pour l’école de
bénéficier d’un statut d’autonomie identique à celui des établissements publics locaux d’enseignement du second degré, en mettant fin ainsi à une disparité entre le primaire et le secondaire
qui a des conséquences sur le plan de l’efficacité pédagogique.
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G. D. I. D.
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